Passage au WLTP : l’affaire VW comme détonateur
En effet, le NEDC était à ce point déconnecté de la réalité que son application en était devenue presque une imposture. Seule une conduite de type « éco » pouvait espérer s’approcher des valeurs mesurées en laboratoire. Aussi une conduite sur route dans des conditions de circulation normales, un tant soit peu dynamiques, faisait qu’on se retrouvait d’office en dehors des limites du test. Et donc en exploitant une caractéristique de comportement du moteur « hors contrôle », la conséquence était de polluer et de consommer comme bon nous semble avec la bénédiction du législateur !
C’est en partant de ce constat, que certains constructeurs, VW en tête, ont pris des libertés allant jusqu’à utiliser les moyens techniques qu’offre l’électronique moderne pour déceler si le véhicule se trouvait ou non en condition potentielle de test NEDC (température ambiante, profil d’accélérations et de vitesse, cela grâce aux divers capteurs informant sur le fonctionnement du véhicule). Dès lors, il devenait simple et très tentant de programmer des caractéristiques de fonctionnement moteur à la carte : soit un mode de conduite pour passer le test NEDC sans encombre et d’autres qui exploitent toutes les capacités du moteur (p.ex. le fameux bouton sport chez certaines marques…) sans se soucier des limites de pollution. Si bien que lorsque le pot aux roses fut découvert, tout et son contraire a été colporté par les politiques et les médias qui ont préféré plus simplement diaboliser le moteur diesel. En effet c’était la cible facile de pollution alors que cette « tricherie » s’applique tout aussi bien au moteur essence… Bref, le diesel est aujourd’hui « persona non grata » dans nombre de villes alors que les diesels modernes passent les normes avec succès tout comme les moteurs essence. Mais ça c’est une autre histoire…